La semaine dernière, je plaidais aux assises de la bonne ville de X pour la famille d’une victime de féminicide. L’accusé voulait faire croire au suicide de sa compagne, ou à un accident. Pourtant, c’était un meurtre.
Aux assises, la partie civile plaide avant l’avocat général, sans savoir ce que ce dernier va requérir.
Dans les féminicides où l’accusé conteste les faits, j’ai trop souvent vu des meurtres requalifiés en « coups mortels ». C’est plus facile à prouver, mais insupportable pour la famille de la victime.
Alors je n’hésite plus : j’assume pleinement le rôle de « procureur bis », pour que les faits soient nommés pour ce qu’ils sont : un meurtre.
L’avocat général requerra. La défense plaidera. La victime aura été entendue.
Finalement, l’accusé a été condamné pour meurtre.
L’avocat de la partie civile n’est pas seulement le porteur de la douleur des victimes. Cette douleur, je l’évoquerai en détail lors de la seconde audience, dite « sur intérêts civils », où est discutée la réparation du préjudice des victimes.

